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Bienvenue dans mon jardin

Térra Botanica

9 Août 2025

Terra Botanica

Un projet de Parc dédié exclusivement au végétal en région angevine est évoqué pour la première fois chez les politiques et les professionnels en 1998. Le projet s’est affiné au fil des années.

Cinq ans plus tard, l'ambition est désormais de présenter une vision planétaire et universelle du végétal. Le parc vise à mettre en avant le territoire angevin et le savoir-faire horticole de l'Anjou, reconnu mondialement.

Le parc Terra Botanica, propriété du département du Maine-et-Loire doit devenir sa locomotive touristique, imitant en cela le voisin du Puy du Fou pour le département de la Vendée.

Louis-Paul Marquesol, fraichement élu au conseil général, s’investit fortement dans ce projet, souvent au détriment du temps à consacrer à la gestion communale. Il ambitionne pour lui-même une notoriété départementale, l’occasion lui est donnée à travers ce projet d’envergure.

Les promoteurs souhaitent étoffer les collections habituelles des pépinières locales. Le nouveau conseiller général propose Florimond Maubourget pour participer comme expert dans le choix et l’approvisionnement de plantes plus diversifiées. C’est ainsi que celui-ci est mandaté par le département pour se déplacer en Belgique.

Lorsqu’il informe Gwen de son prochain voyage, celle-ci a tout de suite montré un trait de jalousie. Lui a un peu voyagé durant ses études, en Italie et en Hollande. Gwen n’est jamais sortie du territoire national.

-Toi, tu vas à l’étranger et moi je reste là !

Par insouciance coupable, il ne s’est pas préoccupé de sa femme. Comme à son habitude, il fonce. Pour autant, son souhait n’est pas de vexer celle qu’il aime.

Le lendemain matin, il lui tend la perche, avec des mots hésitants, il ne veut pas ajouter de vexations.

-Je comprends ta déception, Gwendo, de me voir partir seul en Belgique. Je peux m’arranger si tu veux. Je pourrais réorganiser mon déplacement pour que tu m’accompagnes. Si cela est possible, nous pourrions prendre un jour ou deux de balades supplémentaires ?

-Ah, pourquoi pas ! Je veux bien, je m’organise pour me libérer.

Pour les plantes dites de terre de bruyère, l’expert accompagné de son épouse, se dirige vers la Belgique. A Gand, Green-Expo est un salon professionnel. Fin août, de nombreux producteurs exposent arbres, arbustes, conifères et plantes vivaces. C’est l’occasion pour Mond d’une première confrontation et d’une présélection. La plupart des producteurs sont spécialisés sur une seule espèce.

Le lendemain, la visite des pépinières remarquées la veille permet d’approfondir le choix variétal, la qualité et les quantités.

Adam Bracke cultive des surfaces importantes d’azalées japonaises, Peter Van den Bruck uniquement de gros camélias. Des azalées japonaises et des camélias sont sélectionnés. Sur devis chiffrés, le département donnera son accord définitif.

Liam Gossen est considéré comme un excellent obtenteur, l’un des meilleurs producteurs de rhododendrons de Belgique. Sa terre noire humifère lui permet de produire de beaux sujets. Son nombre de variétés est important. Sa coquette maison est coincée en bordure de la route qui relie Lochristi à Beervelde. Olivia son épouse et lui cultivent seuls, sur une parcelle allongée, en bordure d’un petit bois, contre lequel est serré le bâtiment technique. Leur travail, leur passion, toute leur vie sont ici.

En fin de visite, c’est dans sa pièce de vie, la table à manger sert de bureau, que Liam reçoit Mond et Gwen. A la fin des discussions, c’est Olivia Gossen qui leur propose de les garder à déjeuner.

Mond a voulu joindre l’agréable à l’utile en poursuivant le voyage par un samedi à la Venise du Nord. Avant de partir, il avait réservé à l’Hôtel de Flandre, un trois étoiles en plein centre historique de Bruges. Le couple y découvre un lit king size, un lit d’un mètre quatre-vingts de large, une largeur qui leur est inhabituelle.

Pour déguster des fruits de mer comme évoqué entre eux, ils réservent au restaurant Alamy. D’un regard plongeant de la terrasse, vous visitez l’intérieur des bateaux arrimés en bordure de canal.

Gwen est étonnée de tant d’attentions de son mari. Habituellement, les contraintes professionnelles, d’élus, de bénévoles ou familiales préoccupent et envahissent les discussions, les jours, les soirées et les week-ends.

Pour diner, Gwen abandonne polo, jeans et tennis. Elle passe sous la douche, se maquille un peu, se vêt d’une tenue soignée, en femme qui veut plaire. Elle harmonise un débardeur noir avec une jupe blanche et des sandales à talons aiguilles.

Le court débardeur met en valeur la douce cambrure de sa taille. Le décolleté est généreux. Le cou est paré du collier de perles d’eau douce lumineuses de Biwa que son mari lui offrit au Noël dernier. La courte jupe moulante est serrée par une fermeture zippée sur la hanche. Ses sandales noires avec bride autour de la cheville lui donnent de la prestance.

Gwen vient d’atteindre la quarantaine. Son visage est lisse, son teint net sans rides lui donne confiance en elle. Mond est troublé par sa sensualité naturelle, charmé par sa bonne humeur. Il la découvre sous un jour nouveau, trouve sa Gwendoline très classe. Il lui dit qu’elle est très belle et dépose un baiser dans le creux de son cou. Elle aime ce câlin comme petite fille elle aimait ceux de maman.

Durant le diner, ils se parlent comme s’ils se retrouvaient après des mois de séparation. Leurs propos vont des enfants, aux diverses occupations, aux relations communes.

Leur fille est gymnaste reconnue au niveau régional. Elle a obtenu de nombreux prix au sol. Elle excelle dans ses chorégraphies sur fond de musique, notamment avec le ruban. Elle continue au club de Cholet avec trois entrainements par semaine.

L’évaluation des mouvements gymniques en compétition permet d’attribuer une note, en fonction des difficultés et de la qualité de l’exécution. Son club a besoin de juges. Si non, il ne peut inscrire ses tout jeunes aux compétitions départementales ou régionales.

Nathalie suivit alors une formation théorique et pratique sur les quatre agrès lui permettant désormais de devenir juge. Elle prépare son baccalauréat, et elle sort avec son petit ami. Son emploi du temps est minuté.

Damien prépare un BTS (Brevet Technicien Supérieur) génie civil au lycée Jean Moulin d’Angers. Comme il l’a évoqué, s’il continue une formation au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) à Nantes pour devenir ingénieur, les parents se disent d’accord pour l’aider financièrement. Il est toujours fidèle à son club de cœur, le FCA, Football Club Amélien où il joue en 7, milieu offensif et défensif.

Gwen avoue qu’elle envisagerait une formation à Lyon pour progresser au Crédit Agricole, prendre un poste à responsabilités et devenir cadre. Mond l’encourage.

-Je devrai m’absenter trois mois, lui rétorque Gwen, rester à Lyon un week-end sur deux, tu feras comment pour conduire Nathalie à ses activités ? Et pour assurer les courses ?

Leur conversation impromptue va au hasard. Ils sont heureux d’échanger sur tous les sujets.

A l’hôtel, dans le grand lit moelleux, ils vont s’étreindre. Gwen envahie par l’émotion gémit de plaisir. Au fond d’elle-même, elle regrette de s’être complu dans des rencontres inavouées.

C’est lui qui a organisé la visite de Bruges le lendemain. Gwen est ravie de se sentir invitée par un mari qui prend les initiatives. Elle est heureuse de se reposer sur lui, elle qui trop souvent assume seule le quotidien des enfants alors que lui rentre tard.

Ils découvrent en calèche les rues sinueuses du centre-ville. Le bruit des sabots claquant sur les pavés, l’odeur du cheval, l’habit du cocher, ses commentaires et ses petits soins à leur égard leur donnent l’impression de voyager dans un autre siècle.

L’architecture de cette ville médiévale inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO se prête idéalement au séjour romantique voulu par le couple.

Sur Marktplatz, c’est Gwen, comme une gamine avide d’escalade, qui propose de gravir les trois cent soixante-six marches du Beffroi, la tour médiévale de briques, jusqu’à son carillon de quarante-sept cloches.

Ils ont bien ri là-haut pendant, qu’avec le petit appareil de Gwen, un plaisantin a bien voulu les prendre en photo. Il a fallu s’embrasser plusieurs fois. Quelques regards masculins se retournent sur Gwen, tous deux en sont flattés.

L’après-midi, c’est par un tour de bateau sur les canaux que le couple redécouvre la ville de Bruges, ses jolis petits ponts de pierre, ses façades colorées qui se reflètent dans l’eau. Quantité de cygnes ondulent sur les canaux ou se prélassent au soleil sur les rives. Sur le bateau, les jambes s’entremêlent. Gwen se réfugie dans les bras de son mari, comme si elle se mettait en sécurité.

Il lui propose de diner sur Marktplatz. Cette grande place pavée est animée en fin d’après-midi. Tout autour, les pointes des hauts pignons alignés, diversement colorés, se succèdent avec harmonie. A leur base, des commerces dont essentiellement des cafés, brasseries et restaurants avec de grandes terrasses. Quelques bijouteries discrètes aussi.

Il invite Gwen à s’asseoir à une petite table en extérieur face au beffroi. Au centre de la place, la statue de deux révolutionnaires interpelle.  

Durant le diner, les échanges amoureux de la veille se poursuivent, leurs regards yeux dans les yeux sont plus profonds, leurs mains se joignent sur la table.

Gwen s’abandonne aux émotions, elle parle, elle sourit, elle est profondément heureuse. Des larmes tracent sur sa joue.

-Qu’est-ce que tu as ?

-Je ne sais pas. C’est par ce que je suis heureuse, j’ai de la chance de voyager ainsi avec un homme comme toi.

-Moi aussi, j’ai de la chance d’être avec toi. Je t’aime !

-Je voudrais tout le temps rester près de toi. Mais tu sais…

-Tu sais quoi ?

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Disponible librairies,  auprès de l'éditeur, ou sur commande en MP facebook.

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