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Bienvenue dans mon jardin

Bruges

19 Mars 2026

Moment d’intimité
Le roman dont je suis l’auteur « Des maires, des arbres, des fleurs et du ballon » nous fait vivre la vie d’un élu municipal pour la commune avant tout, également sa vie de travail et familiale.
Petit extrait :
Florimond a voulu joindre l’agréable à l’utile en poursuivant le voyage par un samedi à la Venise du Nord. Avant de partir, il a réservé à l’Hôtel de Flandre, un trois étoiles en plein centre historique de Bruges. Le couple y découvre un lit king size, un lit d’un mètre quatre-vingts de large, une largeur qui leur est inhabituelle.
Gwen est étonnée de tant d’attentions de son mari. Habituellement, les contraintes professionnelles, d’élus, de bénévoles ou familiales préoccupent et envahissent les discussions, les jours, les soirées et les week-ends.
Pour diner, Gwen abandonne polo, jeans et tennis. Elle passe sous la douche, se maquille un peu, se vêt d’une tenue soignée, en femme qui veut plaire.
Le court débardeur met en valeur la douce cambrure de sa taille. Le décolleté est généreux. Le cou est paré du collier de perles d’eau douce lumineuses de Biwa que son mari lui offrit au Noël dernier. La courte jupe moulante est serrée par une fermeture zippée sur la hanche. Ses sandales noires à talon aiguille avec bride autour de la cheville lui donnent de la prestance.
Gwen vient d’atteindre la quarantaine. Son visage est lisse, son teint net sans rides lui donne confiance en elle. Mond est troublé par sa sensualité naturelle, charmé par sa bonne humeur. Il la découvre sous un jour nouveau, trouve sa Gwendoline très classe. Il lui dit qu’elle est très belle et dépose un baiser dans le creux de son cou. Elle aime ce câlin comme petite fille elle aimait ceux de maman.
Durant le diner, ils se parlent comme s’ils se retrouvaient après des mois de séparation. Leurs propos vont des enfants, aux diverses occupations, aux relations communes.
Leur conversation impromptue va au hasard. Ils sont heureux d’échanger sur tous les sujets. A l’hôtel, dans le grand lit moelleux, ils vont s’étreindre. Gwen envahie par l’émotion gémit de plaisir. Au fond d’elle-même, elle regrette de s’être complu dans des rencontres inavouées.
Florimond a organisé la visite de Bruges pour le lendemain. Gwen est ravie de se sentir invitée par un mari qui prend les initiatives. Elle est heureuse de se reposer sur lui, elle qui trop souvent assume seule le quotidien de la maison et des enfants alors que lui rentre tard.
Ils découvrent en calèche les rues sinueuses du centre-ville. Le bruit des sabots claquant sur les pavés, l’odeur du cheval, l’habit du cocher, ses commentaires et ses petits soins à leur égard leur donnent l’impression de voyager dans un autre siècle.
L’architecture de cette ville médiévale inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO se prête idéalement au séjour romantique voulu par le couple.
Sur Marktplatz, c’est Gwen, comme une gamine avide d’escalade, qui propose de gravir les trois cent soixante-six marches du Beffroi, la tour médiévale de briques, jusqu’à son carillon de quarante-sept cloches.
Ils ont bien ri là-haut pendant, qu’avec le petit appareil de Gwen, un plaisantin a bien voulu les prendre en photo. Il a fallu s’embrasser plusieurs fois. Des regards masculins se retournent sur Gwen, tous deux en sont flattés.
L’après-midi, c’est par un tour de bateau sur les canaux que le couple redécouvre la ville de Bruges, ses jolis petits ponts de pierre, ses façades colorées qui se reflètent dans l’eau. Quantité de cygnes ondulent sur les canaux ou se prélassent au soleil sur les rives. Sur le bateau, les jambes s’entremêlent. Gwen se réfugie dans les bras de son mari, comme en sécurité.
Il lui propose de diner sur Marktplatz, l’y ’invite à s’asseoir à une petite table en extérieur face au beffroi. Au centre de la place, la statue de deux révolutionnaires interpelle.
Durant le diner, les échanges amoureux de la veille se poursuivent, leurs regards yeux dans les yeux sont plus profonds, leurs mains se joignent sur la table.
Gwen s’abandonne aux émotions, elle parle, elle sourit, elle est profondément heureuse.
Avant que le dessert n'arrive, des larmes tracent sur sa joue.
-Qu’est-ce que tu as ?
-Je ne sais pas. C’est parce que je suis heureuse ; j’ai de la chance de voyager ainsi avec un homme comme toi.
-Moi aussi, j’ai de la chance d’être avec toi. Je t’aime !
-Je voudrais tout le temps rester près de toi. Mais tu sais
-Tu sais quoi ?
-Non, non, rien.
Gwen voudrait dire combien la présence de son mari lui est importante, combien elle a besoin de se sentir proche, d’échanger avec lui. Elle aimerait avouer ses infidélités, implorer le pardon, ne plus porter ce fardeau. Ses larmes parlent, la trahissent.
Lui cherche à comprendre. Les yeux dans les yeux, leurs mains enlacées sur la table se serrent plus fort.
-Non, rien, c’est rien, je te dis.
Les profiteroles maison les régalent.
Le couple rejoint l’hôtel de Flandre par des ruelles désertes. La nuit est tombée, il fait frisquet. L’étroitesse des rues, les pavés, les façades médiévales rougeâtres, la pénombre sont un peu effrayants. Les relents d’odeur de cuisine les poursuivent.
Gwen cale sa main sous le bras de Mond, y colle son épaule, recouvre le bras de sa deuxième main. Elle frissonne. Sans mot dire, elle prépare ses aveux.
Elle va lui dire que ses infidélités ne remettent pas en cause son Amour. Elle se laissa tomber dans cette erreur par ennui, un peu par vengeance aussi, pour le punir de ses absences. Elle ose se l’affirmer, peut-être aussi à la recherche de la jouissance totale qu’elle n’atteint plus.
Mond saura tout, se dit-elle, va-t il me pardonner. Elle craint qu’il s’emporte, puis la délaisse, qu’il ne veuille plus d’elle, qu’il aille ailleurs, avec une autre.
Elle ne voudrait pas …
 
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